Miss.de Chevigny
Artiste montréalaise, elle peint des paysages chargés d’émotions où surgissent des présences étranges, comme si quelque chose cherchait à exister à travers la toile.
Ses personnages — souvent instables, déformés ou hybrides — ne sont pas là pour décorer. Ils sont des fragments d’elle-même, des états intérieurs, des visions qui s’imposent.
Entre douceur et tension, ses univers oscillent entre beauté et malaise, comme un rêve lucide qu’on n’arrive pas à quitter.

Miss de Chevigny est une artiste montréalaise dont la pratique prend racine dans une fascination pour la psychanalyse qui remonte à l’enfance, influencée par son grand-père qui l’étudiait et enseignait le dessin en milieu psychiatrique. Très tôt, elle développe une forme d’auto-analyse à travers le dessin, utilisant l’image comme un moyen d’explorer ses états intérieurs. Ses personnages surréalistes, entièrement improvisés, émergent sans plan préalable, comme des fragments du subconscient qui prennent forme d’eux-mêmes.
Sa pratique est intuitive et proche de la transe : lorsqu’elle peint ou dessine, elle cherche volontairement un état de demi-conscience, souvent en travaillant dans des lieux publics, afin de ne pas être complètement absorbée par le contrôle. Ce processus rappelle l’écriture automatique, laissant l’image se construire sans intervention rationnelle. Elle considère ainsi que ses œuvres ne sont pas pensées, mais révélées — des manifestations directes de son subconscient.
Ses paysages et ses figures deviennent alors des espaces habités, des mondes intérieurs où se confondent mémoire, émotion et rêve. Convaincue de peindre les lieux mêmes qu’elle visite en rêve, elle poursuit une quête intime : celle de franchir la frontière entre ces univers et le réel, et d’y entrer pleinement.





